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Marseille, ville pauvre et nouveau territoire du luxe

vendredi 28 décembre 2012, par Marc Buchwalter

Les grands noms du luxe ouvrent des boutiques dans le triangle d’or de la ville qui compte 6.200 assujettis à l’ISF. Les commerçants du triangle d’or marseillais entre les rues de Grignan et de Paradis se frottent les mains : même dans la ville réputée comme une des plus pauvres de France, avec un revenu médian de 1.344 euros contre 1.530 au niveau national, la crise butte sur les frontières dorées de leur territoire. De Louis Vuitton, qui vient d’y inaugurer « la plus grande boutique hors Paris en surface comme en volume d’affaires » dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, aux Galeries Lafayette toutes proches qui accueillent depuis peu un étage réservé aux marques de luxe avec salon VIP et « personal shopper », en passant par l’implantation récente d’un « concept store » entièrement dédié au diamant (voir ci-contre) ou d’Hermès qui a préféré Marseille à sa voisine aixoise, le quartier du prestige phocéen fait allées combles en cette période de fêtes. Normal, estime le sociologue André Donzel qui parle de Marseille comme d’une « métropole duale » proche des configurations urbaines tiers-mondistes qui voient se côtoyer sur le même trottoir hyper-riches et ultra-pauvres. Pour lui, Marseille est d’abord la capitale d’une région qui figure au troisième rang des régions françaises de province pour la collecte de l’impôt sur les grandes fortunes. L’an passé, plus de 6.200 Marseillais ont payé l’ISF alors que 28 % de la population phocéenne vit sous le seuil de pauvreté qui dépasse dans certains quartiers nord, 65 %. Moyenne de leur patrimoine : 1,67 million d’euros. « La fortune des quatre premiers Marseillais les plus riches équivaut au budget 2011 de la ville (1,8 milliard d’euros) » , comparaît il y a peu le quotidien communiste « La Marseillaise ». Saadé (CMA CGM), Ricard, Bellon (Sodexo), Granjon (Vente-privées. com), Chateauvieux (Bourbon), Dréau (SNEF), Reinier (Onet), Piétri (Constructa), Arnoux (CIS)... Au total, quinze familles marseillaises figuraient dans le dernier Top 500 national des fortunes professionnelles. Pas question de rater cette opportunité, même si elle s’éloigne des standards du luxe parisien. Martine Delzenne, directrice adjointe du Printemps qui a choisi Marseille pour construire son premier magasin de province depuis trente ans, qualifie l’exception phocéenne de « luxe décontracté » . En 2014, son nouveau magasin accueillera les marques de prestige sur les 6.000 mètres carrés vue sur mer que lui construit Hammerson dans ses Terrasses du Port, un investissement colossal (450 millions d’euros) qui accueillera 160 boutiques en centre-ville. Le commissaire-priseur Damien Leclère a également choisi la cité phocéenne pour installer une salle des ventes qui entend rivaliser avec les majors du secteur. « Grâce aux fortunes du négoce international, la Provence a été une grande terre de collectionneurs. Nous y puisons un fonds des plus riches pour des clientèles internationales » , décrit-il. En octobre, le panneau d’un retable de Fra Angelico daté de 1430, une apparition unique sur le marché français de l’art, a trouvé preneur pour 552.000 euros. « Ce qui n’est aujourd’hui que le signe d’une richesse discrète va exploser l’an prochain avec l’afflux de touristes pendant l’année européenne de la culture » , pronostique Eric Foillard, architecte de la rénovation de la rue de la République. Il y a quelques années, il défendait l’idée « de penser la ville pour que les riches y vivent heureux » . Son rêve prend forme. Les Echos - 28/12/2012 par PAUL MOLGA

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